22 Août 2012

Des profs à l'école de l'espace

Du 11 au 15 juillet 2012, une petite centaine de professeurs de sciences et d'histoire-géographie sont retournés avec grand plaisir sur les bancs de la fac, dans le cadre de la 15e université d'été Espace Éducation organisée par le Cnes à Toulouse, sur le thème "La Terre dans tous ses états".

L'ambiance est studieuse dans les salles de conférence de la Cité de l'espace.

Dans chaque "classe", une vingtaine de professeurs de sciences et d'histoire-géographie, enseignant aussi bien en collège qu'en lycée, écoutent attentivement leurs "professeurs". Redevenus "élèves" pour quelques jours, ils viennent des quatre coins de l'Hexagone, et même des DOM-TOM, d'Espagne et d'Allemagne.

Tous passionnés par les sciences et techniques spatiales, ils profitent de cette Université d'été Espace Éducation (organisée tous les deux ans depuis 1982 par le Cnes) pour approfondir leurs connaissances en la matière et y glaner des activités et des exercices réinvestissables en classe.

"L'une des particularités de cette université d'été est de proposer des ateliers co-disciplinaires, précise Claire Dramas, du service Jeunesse et acteurs de l'Éducation du Cnes. Un même sujet est présenté simultanément par deux professeurs de disciplines différentes : histoire-géo et physique, ou encore SVT et maths."

"Cette approche est d'autant plus intéressante que depuis la réforme du lycée il y a deux ans, l'enseignement d'exploration prodigué en seconde oblige les profs de disciplines différentes à mener des projets communs, surenchérit Medhi Rajade, professeur de SVT et formateur durant cette université. Nous leur donnons donc des idées pour les aider à travailler avec leurs collègues."

 

Pour prendre de la hauteur

Parallèlement à ces cours magistraux, avec exercices pratiques sur ordinateur, un atelier co-disciplinaire un peu particulier se tient sur trois séances : la mise au point d'un ballon stratosphérique et de sa nacelle. On débute par une "tempête de cerveau" : il s'agit de choisir les différents capteurs à intégrer dans la nacelle tout en respectant un cahier des charges exigeant. Puis on passe à la pratique : on étalonne et positionne le tout. Le lâcher aura lieu le dernier jour, pour clôturer l'événement.

D'autres ateliers, baptisés "disciplinaires", dédiés à une seule matière, sont aussi dispensés au cours de la semaine, cette fois par un professeur de la discipline et un scientifique. L'objectif est de permettre la manipulation de données : lire et interpréter des images satellites, exploiter des mesures satellitaires de température de surface de la mer, etc.

Un programme de haut vol

Cinq conférences de haut niveau viennent compléter le programme, ainsi que la visite au choix d'un site technologique toulousain : le Cnes, mais aussi Eads Astrium, leader mondial dans la conception et la fabrication de satellites, CLS - filiale du Cnes et de l'Ifremer qui gère notamment les balises Argos -, ou encore Thalès Alenia Space, référence mondiale dans les télécommunications et l'observation radar et optique de la Terre.

La part belle est aussi donnée à l'échange d'expériences lors de la matinée "L'espace en classe" : quelques étudiants reprennent leur casquette de professeurs et exposent à leurs collègues comment ils ont mis en place des expériences, ce qui a bien fonctionné avec les jeunes, les difficultés rencontrées. Les questions fusent dans l'auditoire. Les conseils aussi.

Mission accomplie

Si l'on en croit les participants, la mission de cette Université d'été est largement accomplie. "Ces nouvelles connaissances vont me permettre de mieux animer le débat avec mes élèves, et de répondre de façon plus précise à leurs questions", commente Florence Le Tacon, professeur de physiques-chimie en collège.

Quant à Marie-Lise Gaborit, professeur de mathématiques en lycée : "Je compte bien dynamiser mon enseignement, même si en maths rien dans le programme n'est textuellement écrit en rapport avec l'espace. Mais dès qu'on sort de notre planète, des étoiles s'allument dans les yeux des élèves. Ce serait trop dommage de ne pas en profiter ! "

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