9 Octobre 2012

Une présidence française de la Charte sous le signe de l'ouverture

La France prend la présidence de la Charte internationale « Espace et catastrophes majeures. » Un mandat de 6 mois qui revêt un caractère exceptionnel puisqu’il verra l’ouverture de cette formidable assistance spatiale à tous les pays victimes d’un sinistre majeur.  

9 octobre 2012

Un travail de coordination

Le 9 octobre, la France, par l’intermédiaire du CNES, prend la présidence de la Charte internationale « Espace et catastrophes majeures » pour les 6 mois à venir.

Elle succède ainsi au Japon. Pour rappel, cette initiative permet de mobiliser rapidement les satellites disponibles des agences spatiales signataires afin de délivrer des images des zones sinistrées aux services de Sécurité civile et aux Nations Unies. La finalité de ces clichés est d’aider à l’organisation rapide des secours en cas de tremblement de terre, d’inondation, de séisme ou encore d’éruption volcanique.

« La Charte n’est pas un organisme. Elle n’a pas de bureaux dédiés. C’est une structure délocalisée et répartie », précise Catherine Proy, représentante du CNES pour le secrétariat exécutif de la Charte internationale et ingénieure au Service Analyse et Produits image du CNES.

« La présidence est un travail de coordination et d’animation auquel il faut ajouter un rôle de représentation, de liaison avec des entités externes comme les Nations Unies », ajoute la représentante. Ce travail de leadership est donc capital. Il va l’être d’autant plus pour le CNES que la Charte est sur le point de vivre une évolution majeure. Ce que révèle Catherine Proy : « C’est un mandat important puisque celui-ci verra la mise en place de l’accès universel à la Charte ! »

 

Solidarité internationale

En effet, depuis 1999, date de sa création, seuls les membres ont le pouvoir d’activer la Charte selon une procédure bien définie. Ils peuvent le faire pour n’importe quel sinistre majeur sur leur territoire ou dans n’importe quel pays avec lesquels ils ont des accords de coopération en cas de catastrophe.

En août et septembre derniers, par exemple, la Charte a été activée pour les inondations au Sud Soudan et au Cameroun, pour les désastres causés par le débordement du fleuve Niger au Nigéria, pour les incendies en Equateur, le tremblement de terre en Chine ou encore celui en Iran. Or, ni le Sud Soudan, ni le Cameroun, ni l’Equateur, ni l’Iran n’en sont membres.

La révolution qui va être mise en œuvre durant le mandat de l’agence française est l’accès universel. Car désormais, l’activation de la Charte n’est plus réservée aux seuls membres qui mettent à disposition les moyens spatiaux.

« Potentiellement, tous les pays pourront l’activer », indique l’ingénieure qui ajoute qu’un « système de candidature pour activer la Charte a été mis en place. » Ce système de candidature a pour objectif de s’assurer que l’autorité de gestion des catastrophes des pays demandeurs dispose notamment des moyens techniques pour activer la Charte et en exploiter les résultats. En effet, la réception des données spatiales nécessite des connexions Internet à haut débit et des outils de traitement d’images.

Au-delà de ces pré-requis, l’intégration des nouveaux utilisateurs s’effectuera progressivement. « Ne serait-ce qu’en raison du temps nécessaire pour former les nouveaux services à la procédure d’activation », précise Catherine Proy.

L’accès universel est aussi un challenge puisque le nombre d’activation va forcément augmenter et que les coûts liés à la prise des images spatiales et à leur traitement pour les rendre aisément lisibles resteront à la charge des agences spatiales membres actuelles. Mais comme le dit Catherine Proy : « l’accès universel est surtout un bel exemple de solidarité internationale. »

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