23 Mars 2011

Le Japon sous l'oeil des satellites

Le 11 mars 2011 à 5h46 (UTC), un séisme d'une magnitude de 8,9 frappe le Japon, se produisant à une centaine de kilomètres au large de la préfecture de Miyagi au nord-est de Honshu, la principale île de l'archipel. Cette zone est de nouveau touchée une heure plus tard par un tsunami qui dévaste tout sur son passage.

Plus de vingt jours après la catastrophe qui a frappé le Japon, le bilan reste très lourd, s'élevant probablement à des dizaines de milliers de mort, des centaines de milliers de sans abris et des dégâts considérables, sans compter la menace nucléaire due à plusieurs explosions dans la centrale nucléaire de Fukushima.

Les informations ci-dessous (sauf le modèle de propagation du tsunami) sont toutes issues de données satellitaires, soit d’images, soit de mesure GPS.

En terme géotectonique les mesures faites à partir des données GPS ont indiqué, en première approximation, un déplacement exceptionnel du bloc continental japonais de l’ordre de 2,4 m vers le Pacifique.

L’ensemble des mesures très denses des stations GPS (réseau GEONET) a enregistré le déplacement cosismique en surface, à terre.

Le champ de déformation est très spectaculaire (voir les données mises en ligne sur GEO supersite) avec des valeurs atteignant 4 mètres de déplacement horizontal et 70cm de subsidence verticale sur la côte est de Honshu.

Il marque le rebond élastique, lors du séisme, de la plaque située au dessus de la zone de subduction. Ces déplacements cosismiques s'atténuent au nord et au sud de la zone de rupture; il ne s'agit donc pas, comme on a pu le lire, d'un déplacement en bloc de 2,4m.

Comme tous les séismes de cette ampleur, celui du 11 mars a très légèrement modifié l'axe de rotation de la Terre et la durée du jour, mais de façon totalement insensible à l'homme.
Sources : Contributions B. Delouis (GEOAZUR), R. Lacassin (IPGP), J. Van der Woerd (IPGS), S. Lallemand (Géosciences Montpellier) et leurs collègues ; site de l'INSU.

La figure de gauche montre les déplacements horizontaux basés sur les estimations des position de ARIA version 0.3 pour les stations du réseau Geonet. Le déplacement cosismique apparait en rouge et le déplacement post-sismique pendant les 8 premières heures apparait en bleu, incluant les déplacements causés par les répliques.

Les déplacements locaux peuvent être estimés à partir notamment d’images radar comme l’indique l'exemple à droite, à partir du satellite Terra X sur la région de Sendaï.

Les conséquences de cette catastrophe sont exceptionnelles, tant au plan humain  que sur celui des infrastructures et de l'économie.

Après les premières secousses, à 7h35 heure de Paris, la Charte Internationale Espace et Catastrophes Majeures était déclenchée par l’agence spatiale japonaise (JAXA). Au total, le SERTIT (Service Régional de Traitement d’Image et de Télédétection) de Strasbourg, chargé par le CNES d’assurer la cartographie rapide à partir d'images Spot 5 des dégâts à destination des services de protection civile, a détecté 441 quartiers ou zones urbaines sévèrement endommagés ou détruits sur une longueur de 200 km de côte.

Les cartographies réalisées montrent qu’environ 900 zones sont détruites sur 400 kilomètres de cote.

Les satellites à très haute résolution permettent par ailleurs d’avoir des images très précises des dégâts, que ce soit dans les villes touchées ou à la centrale nucléaire d Fukushima .

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